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Vendredi 23 octobre 2015 - 18h30
Théâtre Max Jacob - Quimper

Dans le cadre de la journée de manifestations pour la reconnaissance de la diversité des langues et des cultures des territoires


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Pourquoi participer au Forum DEOMP DEI 2013 Récupérons notre langue? PDF Imprimer Envoyer

19 et 20 janvier 2013 à Carhaix

Il n'y a de vent favorable que pour celui qui sait où il va !
(Sénèque)

 

Depuis longtemps, il n'y a pas eu de réflexion globale et véritablement collective sur l'avenir de la langue bretonne. Des programmes ont été construits pour demander le breton à l'école, dans les médias, dans l'administration, pour défendre « nos droits », demander « l'officialisation du breton ». Mais quel objectif, quelle stratégie ?

Des avancées pour le breton.

Des jeunes des années 70, quand le breton était en train de disparaître parce que la transmission intergénérationnelle avait été rompue, ont organisé un nouveau mouvement bretonnant, structuré et déterminé « à vivre en breton » et à créer dans leur langue souvent « réapprise ». C'est à partir d'une réflexion sur les objectifs et la stratégie qu'ils ont créé Diwan, mis en place les filières bilingues qui ont suivi, dans l'éducation officielle et beaucoup d'autres actions : nouvelles éditions, stages, fêtes, créations culturelles, théâtre, littérature, journaux, radios et médias, signalétiques bilingues, vie publique. Ils ne pensaient pas alors, qu'en 2013, les filières bilingues auraient atteint 15 000 élèves, alors même que certains militants de l'ancienne génération prédisaient à Diwan de ne jamais dépasser les 1 000 élèves. Et aujourd'hui, voilà que le Conseil régional de Bretagne reconnaît officiellement le breton et le gallo, à côté du français, comme langues de la Bretagne, qu'a été créé un Office public de la langue bretonne !

Une société rurale bretonnante disparue.

Aujourd'hui toutefois, en début 2013, alors qu'augmente toujours le nombre d'élèves dans les filières bilingues, la société rurale de langue bretonne, encore vivante à cette époque, a disparu. Une grande difficulté pour les apprenants actuels à l'école, dans les cours, dans les stages, est de pouvoir trouver un milieu bretonnant tant il est vrai qu'on apprend une langue en l'utilisant dans la vie de tous les jours, dans la vie de la société. La langue est d'abord un outil de communication sociale. Mais, est-ce que le breton ne serait en train de devenir une langue de spécialistes du breton ? Une langue pouvant juste proposer des emplois à un certain nombre de personnes ? Et encore ?

Pour prendre le chemin de la récupération : une stratégie collective.

Tout le monde peut voir cela, direz-vous ? Beaucoup sans doute ! Et chacun peut exprimer ses idées ici ou là. Mais nous n'avons pas une véritable réflexion collective, un objectif commun clairement affiché. Nous travaillons dans des domaines différents, l'école, la petite enfance, l'édition, les médias, la vie publique, toutes actions nécessaires évidemment. Pourtant aucune société ne peut progresser sans un regard sur elle-même, sur son passé et sur son avenir et sans une stratégie collective reconnue par tous.

C'est cette réflexion et cette action collectives qui ont entraîné la relance de l'économie des années 50/60 avec le CELIB et les mouvements coopératifs et mutualistes ; qui ont permis le renouveau de la culture populaire avec les mouvements fédératifs Kendalc'h-War 'l Leur- BAS ; qui ont dynamisé la lutte pour le breton une vingtaine d'années plus tard (une génération) avec les mouvements Skol An Emsav-Brezhoneg Yezh Vev-Stourm Ar Brezhoneg. Nous devons reconnaître que, sur le plan de la langue tout au moins, nous sommes revenus à des actions sans stratégie collective et souvent sans liens entre elles.

On met souvent en cause l'individualisme grandissant de notre société actuelle ou la nécessité de répondre aux urgences quotidiennes. Pourtant, face à nous existent bien une idéologie et une stratégie jacobines qui bloquent toute reconnaissance de nos droits . Parallèlement l'État ne refuse pas une politique de « patrimonialisation » des langues et cultures dites « régionales », peut-être pour afficher une image plus ouverte mais aussi pour en retirer un profit économique.

Nous devons le dire clairement ! Les dernières avancées ne serviront à rien si nous ne franchissons pas une nouvelle étape collectivement. Ou alors le breton ne sera qu'une matière scolaire parmi d'autres, au mieux, ou encore un objet de musée pour les touristes ou le gagne-pain de quelques professionnels dans des centres culturels et sur la scène des festoù noz transformés en simples biens de consommation.

Une réflexion commune avec les autres peuples du monde.

Il y a un autre avenir pour notre langue et pour notre société, autant que pour d'autres langues du monde, pour d'autres sociétés qui ont aussi un autre regard sur elles-mêmes. Et ce n'est pas en se repliant sur nous-mêmes non plus que nous construirons notre avenir. Nous avons déjà pris exemple sur d'autres peuples comme les gallois ou les Basques, proches de nous par la langue ou par la situation sociologique ou politique : c'est par la réflexion et le travail collectifs qu'ils ont remporté des succès.

Les Bretons ne sont pas une exception dans le monde quand bien même leur situation est unique en même temps. Notre réflexion doit aussi être conduite avec celle des autres peuples. Aujourd'hui, toutes les sociétés sont reliées entre elles plus que jamais notamment au sein d'organisations comme le Conseil de l'Europe, l'Union européenne ou les Nations Unies. Nous, Bretons, devons y prendre toute notre place, condition pour être reconnus et construire avec les autres peuples l'avenir de notre Planète. Un avenir respectueux de toutes et tous.

Une nouvelle période.

Pour cela nous devons, en Bretagne, d'une part réactiver la réflexion de la société bretonnante dans son ensemble ; d'autre part être aussi attentifs et ouverts sur la réflexion et l'initiative sociale qui est conduite par les locuteurs de gallo.

Ce projet se fonde sur :
 le souci de la réussite,
 la recherche d'efficacité et de qualité,
 une progression dans le processus de réflexion et d'action.

Les deux journées de travail et d'échange les 19 et 20 janvier 2013 ne seront pas la fin de la réflexion, mais un début. Une période s'est achevée. Il nous appartient de penser ensemble la nouvelle période qui commence.


Tangi Louarn
Pour le bureau de Kevre Breizh

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