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Langues régionales - Des idées pour lutter contre leur déclin PDF Imprimer Envoyer

Langues régionales - Des idées pour lutter contre leur déclinLe Télégramme - 18 juillet 2013 

Selon un rapport remis au ministère de la Culture, les langues régionales continuent de décliner. En cause, «l'extinction croissante de la transmission familiale» et la mobilité géographique. Mais tout n'est pas sans espoir.

Dans ce rapport remis cette semaine à Aurélie Filippetti, le « Comité consultatif pour la promotion des langues régionales et de la pluralité linguistique interne » suggère le vote, par le Parlement, d'une loi à «haute valeur symbolique» pour «affirmer l'importance» des langues basque, bretonne, alsacienne ou kanakes.

Ce comité, présidé par le conseiller d'État Rémi Caron, propose aussi de sensibiliser les citoyens en lançant une campagne de communication nationale, d'améliorer l'information sur l'enseignement bilingue et de mieux prendre en compte l'existence des langues régionales dans les cours d'histoire-géographie.

Le comité distingue les langues de la métropole à «forte vitalité» comme l'alsacien, le basque, le breton, le catalan, le corse et l'occitan, où l'enseignement bilingue est «une option reconnue», alors que les langues «à faible diffusion» et «grande dispersion» comme le flamand, le gallo ou le franco-provençal ne peuvent être apprises que dans «un nombre limité d'établissements». Troisième grand groupe, l'Outre-mer avec le tahitien, les différents créoles, les langues kanakes ou amérindiennes de la Guyane, doit bénéficier d'une «approche spécifique» dans la mesure où le français y est souvent la deuxième langue.

Langues de l'immigration

Le comité s'est aussi penché sur les langues parlées par les communautés d'origine immigrée, à commencer par les berbères mais aussi l'arabe dialectal, peu écrit, suggérant que l'Éducation nationale en accentue la prise en compte dans l'enseignement de l'arabe classique. Il souhaite aussi que soit encouragée la diffusion des langues de l'immigration sur le réseau France Médias Monde. A ceux qui y verraient une «brèche» dans la protection du français, le comité répond que les communautés disposent déjà d'une offre abondante via le câble et le satellite.

Pérenniser le financement des écoles associatives

Le comité veut aussi pérenniser le financement des écoles associatives, ouvrir aux langues régionales les aides publiques aux industries culturelles, comme les bibliothèques, ou encore faciliter l'accès au patrimoine numérisé en langues régionales.

Le rapport estime qu'il faudrait aussi «donner une place accrue à l'expression en langues régionales dans les médias», proposant de réserver «une dotation suffisante» pour l'encourager sur la télévision publique, et notamment sur France 3.

Plus généralement, le rapport souligne que la loi autorise déjà l'usage des langues régionales dans la vie publique et qu'il «appartient au gouvernement de prendre les mesures propres à surmonter les obstacles administratifs réels ou supposés». Et de citer l'administration, les transports publics, la signalisation routière, les services sociaux ou les hôpitaux.

Ce comité n'avait pas vocation à résoudre le problème d'ordre constitutionnel posé par la ratification par la France de la charte européenne des langues régionales. L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin avait signé cette charte en 1999, mais le Conseil constitutionnel a considéré qu'elle favorisait les locuteurs régionaux et serait une atteinte au principe d'égalité, rendant nécessaire à toute ratification une modification préalable de la Constitution.